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Asile et réfugiés

Formulaire FDA : raconter votre histoire sans vous contredire

Le formulaire FDA fonde toute demande d’asile : délais de transmission, poids des contradictions, méthode pour un récit cohérent et règles pour le corriger.

Par , consultant réglementé (CCIC R711773)

Publié le Mis à jour le 9 minutes de lecture Asile et réfugiés

Une femme assise à son bureau remplit un questionnaire sur son téléphone, ordinateur portable ouvert à côté

Dans une demande d’asile, le formulaire Fondement de la demande d’asile, le FDA, est le premier document qu’un commissaire lit et le dernier qu’il relit avant de décider. Il contient votre histoire, dans vos mots, signée comme une déclaration sous serment. Tout ce que vous direz ensuite à l’audience sera comparé à ce texte. C’est la pièce centrale de la demande d’asile et de la représentation devant la CISR.

Cet article explique ce qu’est le FDA, quand il doit être transmis, pourquoi les contradictions pèsent si lourd, et comment rédiger un récit qui tiendra devant la Section de la protection des réfugiés. Il ne remplace pas un examen de votre dossier : chaque histoire est différente, et les délais qui vous concernent figurent dans les documents que vous avez reçus.

Qu’est-ce que le formulaire FDA, et pourquoi pèse-t-il autant ?

Le FDA est le formulaire dans lequel vous exposez les raisons pour lesquelles vous demandez la protection du Canada. Il réunit des renseignements personnels, votre parcours, et surtout le récit des événements qui vous ont conduit à fuir : ce qui vous est arrivé, qui en est responsable, pourquoi vous ne pouvez pas être protégé dans votre pays, et pourquoi vous ne pouvez pas y retourner.

Chaque membre de la famille qui présente une demande remplit le sien. À la fin, vous déclarez que les renseignements fournis sont complets, vrais et exacts, et que cette déclaration a la même valeur qu’un serment. Le commissaire part de ce texte pour préparer ses questions. Il cherche à savoir si votre récit correspond à la définition du réfugié au sens de la Convention ou de la personne à protéger, et s’il est crédible.

C’est ce second point qui fait échouer le plus de demandes. Rarement parce que le demandeur ment, mais parce que son récit écrit et son témoignage ne disent pas tout à fait la même chose.

Quand et comment le FDA doit-il être transmis ?

Le moment dépend de l’endroit où vous avez présenté votre demande. Les règles ne sont pas les mêmes au point d’entrée et à l’intérieur du Canada.

  • Demande faite à l’arrivée, au point d’entrée : le FDA doit parvenir à la Section de la protection des réfugiés au plus tard 15 jours après la date à laquelle votre demande lui a été déférée. Les agents peuvent vous demander de compléter votre demande en ligne ; le FDA est alors téléversé par le portail d’IRCC.
  • Demande faite depuis le Canada : la demande se présente en ligne par le portail d’IRCC, et le FDA fait partie des documents obligatoires à joindre.

Si vous ne pouvez pas respecter le délai, une prorogation peut être demandée, mais la demande doit être reçue par la Section au plus tard trois jours ouvrables avant l’expiration du délai. Sans FDA et sans prorogation, la CISR tient une audience spéciale sur le désistement. Si elle conclut que la demande est abandonnée, elle ne sera pas entendue, et vous ne pourrez pas en présenter une autre. Le formulaire et ses instructions sont publiés sur le site de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié.

Quinze jours, c’est court pour reconstituer des années de sa vie. C’est pour cela que le travail doit commencer dès la réception des documents, pas la veille de l’échéance.

Pourquoi les contradictions coûtent-elles si cher ?

Parce que le commissaire dispose de plusieurs versions de votre histoire et qu’il les compare. Votre FDA n’est pas la seule trace : il y a les formulaires remplis lors de la demande, les notes de l’agent qui vous a reçu en entrevue, parfois des demandes de visa antérieures, et enfin votre témoignage à l’audience.

Une date qui change d’un document à l’autre, un agresseur décrit différemment, un événement important absent du FDA puis raconté en détail à l’audience : chacun de ces écarts peut amener le commissaire à douter de l’ensemble du récit. Une omission est souvent traitée comme une contradiction. Si l’événement était si important, pourquoi ne figurait-il pas dans le formulaire ?

Le commissaire ne vous demande pas d’avoir une mémoire parfaite. Il vous demande une histoire qui reste la même, d’un document à l’autre et d’une question à l’autre.

Les imprécisions ne sont pas toutes fatales. Un traumatisme, le temps écoulé ou une traduction approximative peuvent expliquer un écart. Mais l’explication doit être donnée, et elle est bien plus convaincante lorsqu’elle vient de vous, avant l’audience, que lorsqu’elle vous est arrachée par une question.

Comment construire un récit cohérent ?

Un récit cohérent se construit avant d’écrire le formulaire, pas en le remplissant. La méthode que nous suivons avec nos clients tient en quelques principes simples.

Partir d’une chronologie

Avant toute rédaction, établissez la liste des événements dans l’ordre : dates, lieux, personnes présentes, ce que vous avez fait ensuite. Quand vous ne connaissez pas une date exacte, notez le mois, la saison ou un repère, comme une fête, une élection ou la naissance d’un enfant. Cette chronologie devient la référence commune de tous vos documents.

Être précis sans inventer

Le commissaire attend des détails : ce que vous avez vu, entendu, ressenti. Les détails rendent un récit vivant et crédible. Mais un détail inventé pour combler un vide est un piège, car il faudra le répéter à l’identique des mois plus tard. Si vous ne savez pas, écrivez que vous ne savez pas, et pourquoi.

Tout dire, y compris ce qui vous gêne

Un voyage antérieur, une demande de visa refusée, un séjour dans un autre pays, un passeport obtenu par un intermédiaire : ces faits finissent presque toujours par apparaître au dossier. Les taire est beaucoup plus grave que les expliquer. Une déclaration inexacte peut avoir des conséquences au-delà de l’audience, comme nous l’expliquons dans notre article sur la fausse déclaration et l’article 40.

Relier chaque preuve au récit

Les documents appuient le récit ; ils ne le remplacent pas. Les règles de la CISR demandent de fournir des documents qui établissent votre identité et les autres éléments de la demande, ou d’expliquer pourquoi vous ne pouvez pas les obtenir et ce que vous avez fait pour les obtenir. Vérifiez que chaque pièce concorde avec votre FDA : une date sur un certificat médical, un nom sur une convocation, une adresse sur une attestation.

Que faire si vous devez corriger votre FDA ?

Vous pouvez modifier ou compléter votre FDA, et il vaut mieux le faire que laisser subsister une erreur. Les règles de la Section de la protection des réfugiés prévoient une procédure précise :

  • vous transmettez les pages modifiées, et non un nouveau formulaire complet ;
  • vous soulignez les changements, puis vous signez et datez chaque page modifiée ;
  • les pages doivent être reçues par la Section au plus tard dix jours avant la date fixée pour l’audience.

Une correction n’est pas un aveu de faiblesse. Un commissaire comprend qu’un récit se précise lorsque des souvenirs reviennent ou qu’une erreur de traduction est découverte. Ce qu’il comprend moins, c’est une version nouvelle qui apparaît pour la première fois à l’audience. Accompagnez toute modification importante d’une brève explication : pourquoi le fait n’apparaissait pas, ou pourquoi il était mal décrit.

Quel rôle joue l’interprète, à l’écrit comme à l’oral ?

Si vous ne lisez pas le français ou l’anglais, quelqu’un vous aidera à remplir le FDA. Cette personne doit déclarer qu’elle maîtrise votre langue, qu’elle vous a fidèlement interprété le contenu du formulaire et que vous l’avez compris. Cette déclaration n’est pas une formalité : un terme mal rendu peut transformer le sens d’un passage entier.

Relisez, ou faites-vous relire, la version finale dans votre langue avant de signer. Vérifiez les noms propres, les grades, les titres, les lieux. À l’audience, un interprète fourni par la CISR traduira votre témoignage ; si une différence apparaît entre ce que vous dites et ce qui est écrit, elle vous sera opposée, même si elle vient d’une traduction.

Avant de transmettre votre FDA

Quelques vérifications suffisent souvent à éviter les écarts qui fragilisent une demande :

  • votre chronologie est écrite, datée, et elle concorde avec chaque document déjà remis aux autorités ;
  • chaque événement important figure dans le récit, même brièvement ;
  • les faits gênants, comme un refus de visa ou un séjour dans un autre pays, sont déclarés et expliqués ;
  • chaque pièce jointe correspond à un passage précis du récit ;
  • la traduction a été relue et vous comprenez chaque phrase que vous signez ;
  • vous connaissez la date limite de transmission et celle des modifications, telles qu’indiquées dans vos documents.

Le FDA est l’étape où un représentant est le plus utile, parce que les erreurs qui s’y glissent sont difficiles à rattraper plus tard. Si votre délai court déjà, ou si votre formulaire a été remis sans relecture, prenez rendez-vous pour une consultation : nous vérifions votre récit, vos pièces et votre calendrier avant l’audience.

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Demande d’asile et représentation devant la CISR

Préparation du récit et du formulaire FDA, dossier de preuve et représentation devant la CISR par un consultant réglementé et autorisé.

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